108 CVRH YVES GAUDEMET Un siècle sépare ces deux actes de foi ; foi dans la capacité à établir sur le sol de France une heureuse et nécessaire coexistence de la laïcité voulue par la loi de 1905 et des religions, tout spécialement celle qui reste aujourd’hui la religion de la majorité des Français. Mais, précisément, cette remarquable convergence n’est pas du même moment. Il faudra attendre les années 1950 pour que le Saint-Siège et l’Église de France admettent vraiment la laïcité de la loi de 1905 ; et, alors qu’ils y sont, la République semble parfois revenir aujourd’hui à une conception davantage militante de la laïcité. (Q H̆ HW OD ORL FLYLOH D UpFHPPHQW FKDQJp XQH ORL GX DRW SRXVVH plus avant les exigences de la laïcité, et c’est pourquoi il a paru nécessaire de FRQ¿UPHU j FHQW DQV GH GLVWDQFH O¶DFFRUG IUXLW GH QpJRFLDWLRQV GL̇ FLOHV PDLV abouties en 1924 entre le Saint-Siège et la République française, qui a permis, pour le culte catholique, la constitution d’associations diocésaines au titre des associations cultuelles prévues pour l’application de la loi de 1905. Et cela en XVDQW SRXU FRQ¿UPHU OHV GLRFpVDLQHV HQ PDUV FRPPH HQ GX PrPH procédé diplomatique d’échange de lettres entre le Premier ministre et le nonce apostolique à Paris. /D ORL GH UHQYRLH HQ H̆ HW j OD IRUPDWLRQ G¶DVVRFLDWLRQV FXOWXHOOHV ± YDriété d’associations de la loi de 1901 à laquelle elle se réfère expressément – « pour subvenir aux frais, à l’entretien et à l’exercice public d’un culte » (art. 18 de la ORL $SUqV XQH SpULRGH G¶RSSRVLWLRQ HW DX EpQp¿FH GH QpJRFLDWLRQV DERXWLHV VXU lesquelles on reviendra, il a été admis en 1924 que les associations cultuelles FRQVWLWXpHV SRXU OH FXOWH FDWKROLTXH SUHQQHQW HQ FRPSWH OHV VSpFL¿FLWpV GH FHlui-ci : placées sous l’autorité de l’évêque dans son diocèse et en lien avec le pape, elles ne sont pas chargées de l’exercice du culte mais ont pour seule fonction de subvenir aux besoins et à l’entretien du culte. Ce sont les associations diocésaines, variété d’associations cultuelles, constituées et agissant comme ces dernières sur la base et en conformité avec la loi de 1905. Aujourd’hui où la base législative change, où les associations cultuelles de la loi de 1905 sont elles-mêmes restructurées pour satisfaire aux nouvelles obliJDWLRQV GH OD ORL GX DRW TXH GHYLHQQHQW OHV DVVRFLDWLRQV GLRFpVDLQHV " 7UqV SUpFLVpPHQW TXHOOHV VRQW OHV FRQVpTXHQFHV GH OD PRGL¿FDWLRQ SDU OD ORL GX DRW FRQIRUWDQW OH UHVSHFW GHV SULQFLSHV GH OD 5pSXEOLTXH, puisque tel est son titre à la fois ambitieux et inquiétant, de la loi du 9 décembre 1905, cette dernière plus sobrement désignée par son objet, ORL FRQFHUQDQW OD VpSDUDWLRQ GHV eJOLVHV HW GH O¶eWDW "
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