Les « Diocésaines » 1924-2024

Les « diocésaines ». 1924-2024 109 UNE LEÇON DE LAÏCITÉ APPLIQUÉE. LES ASSOCIATIONS DIOCÉSAINES, CENT ANS APRÈS Laïcité et naissance des diocésaines Les diocésaines, on l’a dit, sont de la catégorie des associations cultuelles prévues par la loi de 1905 pour accueillir les moyens de l’exercice du culte ; mais ce sont des enfants tardifs de la loi de 1905, nés d’un compromis après une première opposition du Saint-Siège et dont tant l’Église catholique que l’État ne se sont que progressivement accommodés avant d’en accompagner utilement l’existence. /D ORL GH ORL GH SDFL¿FDWLRQ LQWHUYLHQW HQ H̆ HW GDQV XQ FOLPDW G¶DQWLFOpULFDOLVPH IRUWHPHQW FRQÀLFWXHO PDQLIHVWp GqV OH GpEXW GH OD ,,,e République. Tout cela est bien connu et il n’y a pas lieu de s’y arrêter. Rappelons simplement à titre d’illustration, dans l’ordre du débat politique, d’un côté l’apostrophe de Léon Gambetta le 4 mai 1877 à la Chambre des députés en direction des députés de la droite monarchiste : « Je ne fais que reprendre les sentiments du peuple de France en disant : le cléricalisme, voilà l’ennemi » ; à quoi répond, de l’autre bord, le prêche du père Ollivier à Notre-Dame le 8 mai 1897 en présence des membres du gouvernement à la cérémonie commémorative des victimes de l’incendie du Bazar de la charité : « La France a mérité ce châtiment par un nouvel abandon de ses traditions. Au lieu de marcher à la tête de la civilisation chrétienne, elle a consenti à suivre, en servante ou en esclave, des doctrines aussi étrangères à son génie qu’à son baptême. » L’outrance, la violence, et pas seulement verbales, sont de l’un et l’autre bords. L’Église catholique, toujours puissante, se sent menacée depuis les lois )HUU\ GH UHQGDQW O¶pFROH SULPDLUH JUDWXLWH ODwTXH HW REOLJDWRLUH SRXU WRXV OHV HQIDQWV GH j DQV SDU O¶H[SXOVLRQ GHV MpVXLWHV RX HQFRUH GX IDLW GH OD politique radicale et anticléricale du « petit père Combes » ; la loi de 1901 sur les associations soumet dans son titre III les congrégations à un régime d’autorisation préalable emportant le plus souvent leur expulsion. Bref, le contexte politique est très tendu lorsque vient aux débats parlementaires ce qui deviendra la loi du 9 décembre 1905 ; et c’est au titre et pour l’application de la loi de 1905 que doivent être instituées des associations cultuelles. Cette dernière est très largement l’œuvre – admirable – d’Aristide Briand, qui dominera le débat et ira jusqu’à rallier les tenants les plus radicaux de l’anticléricalisme ; ainsi Clemenceau déclarera qu’« à titre personnel, il n’est pas l’ennemi des religions, même s’il n’en partage pas une ». Elle est au rang des grandes lois de la IIIe République sur les libertés publiques auxquelles le Conseil constitutionnel reconnaîtra plus tard une valeur constitutionnelle.

RkJQdWJsaXNoZXIy MzIzNjg2Mw==