Les « Diocésaines » 1924-2024

Les « diocésaines ». 1924-2024 17 DE LA FIN DES FABRIQUES À LA CRÉATION DES « DIOCÉSAINES » résidentiels en même temps est un geste politique, comme le montre la personnalité des nouveaux promus, en général des prêtres pleinement en accord avec le Saint-Siège et dont beaucoup avaient été écartés de l’épiscopat dans les années SUpFpGHQWHV /¶DEEp 6DJRW GX 9DXURX[ FKDQRLQH GH /D 5RFKHOOH HW GLUHFWHXU GX %XOOHWLQ UHOLJLHX[ GH FH GLRFqVH pWDLW DLQVL GpFULW SDU 0gr )X]HW FRPPH © DJLWp HW même agitateur »8. L’abbé Déchelette, que le cardinal Coullié demandait comme pYrTXH DX[LOLDLUH GHSXLV DYDLW pWp EDUUp SDU 0gr Servonnet, archevêque de Bourges, et passait pour « l’homme des congrégations »9. Quant à l’abbé Gibier, curé de la paroisse Saint-Paterne d’Orléans, il était dénoncé par le préfet du Loiret comme un « dangereux adversaire »10. Par cette nomination très rapide, Pie X SURYRTXH DXVVL XQ UppTXLOLEUDJH DX VHLQ GH O¶pSLVFRSDW IUDQoDLV HW DGUHVVH XQ VLJQH IRUW DX[ DXWUHV pYrTXHV ,O \ D GpVRUPDLV GHX[ pSLVFRSDWV O¶pSLVFRSDW G¶RULJLQH concordataire et l’épiscopat composé des évêques de Pie X. Le pape entend du reste faire de ces nouveaux évêques des missi dominici chargés d’expliquer à OHXUV FRQIUqUHV OD OLJQH SRQWL¿FDOH $X GpEXW GX PRLV GH PDUV 3LH ; pFULW DLQVL DX FDUGLQDO 5LFKDUG SRXU OXL VLJQL¿HU TX¶LO D UpXQL OHV pYrTXHV UpFHPPHQW VDFUpV « pour leur faire, dans le plus grand secret, des recommandations sur la conduite à tenir dans la prochaine assemblée générale, à laquelle ils sont invités »11. Pie X entend donc peser directement sur l’assemblée générale de l’épiscopat IUDQoDLV GRQW LO D DFFHSWp OH SULQFLSH DX GpEXW GH O¶DQQpH QRQ VDQV TXHOTXHV UpWLcences. L’initiative en revient pourtant aux cardinaux qui, le 28 décembre 1905, s’étaient réunis à l’archevêché de Paris pour décider de la conduite à tenir après le vote de la loi12 'H VRQ F{Wp 0gr 0LJQRW DYDLW UpXQL j $OEL OHV pYrTXHV IDYRUDEOHV j O¶DFFHSWDWLRQ GH OD ORL /H VHFUpWDLUH G¶eWDW IDLW VDYRLU j OD ¿Q GX PRLV GH janvier, au cardinal Richard que le pape approuve le principe d’une assemblée JpQpUDOH GHV pYrTXHV GH )UDQFH j 3DULV PDLV SUpFLVH © (OOH DXUD OLHX VRXV OD présidence collective des cinq cardinaux. Ils devront former une commission composée de deux archevêques et de deux évêques pour préparer les questions qui seront examinées dans l’assemblée. Les évêques devront être choisis, autant TXH SRVVLEOH GDQV OHV GL̆ pUHQWHV UpJLRQV GH )UDQFH HW UHSUpVHQWHU OHV WHQGDQFHV diverses qui se sont manifestées dans l’épiscopat. » Conformément au souhait du Saint-Siège, le cardinal Richard avait donc réuni la commission préparatoire le 8. Arch. nat., F 19 2643 (dossier Sagot du Vauroux). 9. Ibid., F 19 2533 (dossier Déchelette). 10. Ibid., F 19/2595 (dossier Gibier). 11. AHAP, 1 D 10/32, le pape au cardinal Richard, 4 mars 1906. 12. Jacques-Olivier Boudon, « Les évêques français face à la Séparation », dans Philippe Boutry et André Encrevé (dir.), Vers la liberté religieuse : la séparation des Églises et de l’État, Créteil/Bordeaux, Institut Jean-Baptiste Say (Université Paris 12)/Éditions Bière, 2006, p. 267-286.

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