Les « Diocésaines » 1924-2024

112 CVRH YVES GAUDEMET modèle passe-partout des associations. Les associations cultuelles, qui doivent être constituées pour servir de cadre et accueillir les moyens d’exercice des FXOWHV HW VXFFpGHU QRWDPPHQW DX[ DQFLHQQHV PHQVHV RX IDEULTXHV VRQW HQ H̆ HW des associations de la loi de 1901 que vise expressément la loi de 1905 sous la réserve toutefois des dispositions particulières édictées par cette dernière. Dans la famille des associations de la loi de 1901, la loi de 1905 institue une catégorie particulière, les associations cultuelles destinées, comme leur nom l’indique, à accueillir et organiser les moyens de l’exercice d’un culte. Or on sait que, dans un premier temps, l’Église catholique et le Saint-Siège ont rejeté la formule des associations cultuelles pour des motifs tenant aux VSpFL¿FLWpV GH O¶RUJDQLVDWLRQ HW GH O¶H[HUFLFH GX FXOWH FDWKROLTXH HW SDUFH TX¶LOV considèrent que des associations n’ont pas vocation à l’exercice du culte. Cette opposition est frontale et s’inscrit dans le refus global du Vatican d’admettre la dénonciation unilatérale du Concordat de 1801 et la loi de 1905. C’est l’objet des encycliques Vehementer Nos du 11 février 1906 condamnant la séparation de l’Église et de l’État et *UDYLVVLPR 2̇ FLL GX DR€W LQWHUGLVDQW OH recours aux associations cultuelles. Cette condamnation est d’ordre moral et fait référence à l’histoire ; ainsi, dans l’encyclique Vehementer Nos, le pape déclare : « La France ne saurait oublier que sa providentielle destinée l’a unie au Saint-Siège par des liens trop anciens pour qu’elle ne veuille jamais les briVHU 'H FHWWH XQLRQ HQ H̆ HW VRQW VRUWLHV VHV YUDLHV JUDQGHXUV HW VD JORLUH OD plus pure. Troubler cette union traditionnelle serait enlever à la nation ellePrPH XQH SDUWLH GH VD IRUFH PRUDOH HW GH VRQ LQÀXHQFH GDQV OH PRQGH ª /D ORL GX MDQYLHU DYDLW SHUPLV G¶pYLWHU XQ FRQÀLW RXYHUW HQ DGPHWWDQW que le culte catholique s’exerçât au titre de la liberté de réunion et pas dans le FDGUH DVVRFLDWLI OD ORL GH HVW DLQVL PRGL¿pH TXL VRXPHWWDLW OHV UpXQLRQV publiques à déclaration par la loi du 28 mars 1907. La déclaration préalable à toute réunion publique est supprimée, libérant l’Église catholique de l’obligation de souscrire la déclaration annuelle prévue pour les réunions cultuelles par l’article 25 de la loi de 1905 – ce à quoi, d’ailleurs, elle se refusait. Dans le même mouvement, la loi de 1907 admet que les églises, propriétés publiques, soient laissées à la disposition des catholiques pour l’exercice du culte. Puis les choses – et les esprits – évolueront du côté du Saint-Siège, qui adoptera peu à peu une politique pragmatique de tolérance, beaucoup aussi du fait de la guerre de 1914 durant laquelle le clergé, et notamment le clergé catholique, est très présent dans les esprits et également dans les tranchées. La canonisation

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