Les associations diocésaines et le monde politique À propos d’une remise de barrette cardinalice à l’Élysée (décembre 1925) Martin DUMONT Les « diocésaines ». 1924-2024. CVRH, p.31-44 Il y a près d’un siècle, le 21 décembre 1925, les salons de l’Élysée voyaient se dérouler une cérémonie peu ordinaire. Pour des raisons qui tiennent à l’histoire de la société française et des diverses agitations qui avaient eu lieu durant cette période, la dernière cérémonie élyséenne de ce type remontait précisément au 4juillet1896, au cours de laquelle le président Félix Faure remettait au nonce apostolique à Paris, Domenico Ferrata, la barrette cardinalice. Vingt-neuf ans et demi plus tard, beaucoup d’eau ayant coulé sous les ponts mais le ciel restant encore chargé de quelques nuages, un autre président de la République, Gaston Doumergue, participait au même endroit à la remise de la barrette cardinalice à un autre nonce apostolique à Paris, Bonaventura Cerretti, par le cardinal-archevêque de Paris, Louis Dubois : « Aujourd’hui la comédie de la suppression de la nonciature et de l’ambassade du Vatican a eu son dénouement. En grand gala, avec les troupes rendant les honneurs, Mgr Cerretti est allé recevoir la barrette à l’Élysée, comme aux plus beaux jours du concordat. Un cordial déjeuner a suivi. Le bon peuple ne comprend pas trop. Si on nous avait dit cela en décembre 1924, nous aurions été bien étonnés1 ! » L’événement élyséen, qui intéresse un large éventail politique, religieux et mondain2, se retrouve évoqué dans une multitude de journaux, de La Croix à L’Humanité, du Figaro à la moindre édition de la presse régionale, rapportant en détail la cérémonie, le passage de l’habit violet du prélat à la pourpre cardinalice, G¶DXFXQV pYRTXDQW OH FKDQJH H̆ HFWXp GDQV O¶XQ GHV VDORQV GX SDODLV SUpVLGHQWLHO 1. Paul Christophe (éd.), Les carnets du cardinal Baudrillart, 13avril1925-25décembre1928, Paris, Éditions du Cerf, 2002, p. 257-258. 2. « À Paris, des fêtes ont été organisées en l’honneur de Mgr Cerretti qui a reçu solennellement, à l’Élysée, la barrette cardinalice. Le duc et la duchesse de Montmorency et la comtesse de Mimbela ont donné notamment des réceptions très brillantes en l’honneur du nonce apostolique. Des matinées de musique ont eu lieu chez le marquis de Castellane et chez M. Le Lubez. » Ernest-François Velletaz, « À travers le monde », Les Modes, 261, 1er février 1926, p. 2.
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