Les « Diocésaines » 1924-2024

Les « diocésaines ». 1924-2024 33 LES ASSOCIATIONS DIOCÉSAINES ET LE MONDE POLITIQUE Il en a déjà été question ailleurs5 PDLV OH WH[WH GH FH GRFXPHQW SRQWL¿FDO HVW à lire très attentivement, rien n’étant laissé au hasard. Tout est pesé et soupesé dans ce texte, notamment parce que Rome et l’Église de France restent marquées par l’événement 1905. Pie XI doit passer outre l’opposition de l’épiscopat français (une grande partie du moins) et, à Rome, d’une partie de l’ancienne équipe de Pie X. C’est, par exemple, le cardinal Merry del Val, qui avait été le secrétaire d’État du pape Sarto au moment de la Séparation et qui se plaint en 1922, dans une lettre à l’archevêque de Lyon, le cardinal Maurin, de la volonté romaine d’aller de l’avant malgré les oppositions : « On cherche à induire Sa Sainteté à passer par-dessus tous et par-dessus tout. On écarte la décision presque unanime des 17 cardinaux de la congrégation plénière, conforme à l’avis de la majorité, car il est faux que ces derniers aient été en majorité favorables et, par tous les moyens, on cherche à obtenir du Saint-Père au moins un “tolerari posse”, ce qui serait un vrai désastre. […] on méconnaît la vraie situation6. » Mais Pie XI, surtout, avait eu à surmonter ses propres doutes et hésitations. /HV WHUJLYHUVDWLRQV SRQWL¿FDOHV RQW IUDSSp OHV HVSULWV j OD ¿Q DX ULVTXH GH l’agacement au plus haut sommet de l’État. Les archives le montrent bien et l’avis unanime du Conseil d’État, le 13 décembre 1923 – déclarant avec netteté la conformité des statuts types des associations diocésaines, la conformité, donc, avec le droit français issu de la loi de Séparation –, n’aurait pu avoir lieu sans O¶KpVLWDWLRQ SRQWL¿FDOH HW XQH GHUQLqUH DWWDTXH GX FDUGLQDO $QGULHX %RUGHDX[ qui est cependant l’un des premiers à former une association diocésaine, par UHVSHFW SRXU OD GHPDQGH SRQWL¿FDOH Une réception prudente dans le monde religieux De fait, il avait fallu deux ans pour que l’épiscopat évolue quelque peu sur cette question, et l’on doit attendre l’acte souverain de Pie XI, l’encyclique Maximam Gravissimamque, qui demande en implorant mais n’impose aucunement OH FKRL[ GH FUpHU GHV DVVRFLDWLRQV GLRFpVDLQHV SRXU TXH O¶pSLVFRSDW PRGL¿H VLQRQ sa manière de voir, tout au moins son attitude de résistance. Pour faire oublier à Rome ce désagréable moment, l’ensemble de l’épiscopat signe une adresse au 5. « La réception de l’encyclique Maximam Gravissimamque, entre application et résistance », Bulletin de l’Association des Archivistes de l’Église de France, 97, 2025 p. 40-50. 6. Émile Poulat, Les Diocésaines. République Française, Église catholique : Loi de 1905 et associations cultuelles, le dossier d’un litige et de sa solution (1903-2003), Paris, La Documentation française, 2007, p. 258.

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