34 CVRH MARTIN DUMONT pape, l’assurant de son obéissance. Pie XI remercie les évêques peu après lors d’un consistoire, soulignant l’unité qui a animé le corps épiscopal7. Les premières associations diocésaines se mettent ainsi en place, dont Paris qui tient à le faire savoir : celui « qui fut l’un des plus actifs partisans de l’acceptation des associations diocésaines, a voulu être le premier en France à constituer celle qui, dans son diocèse, sera appelée à gérer les intérêts temporels de son église8 ». Le cardinal Dubois avait souhaité y faire prendre place Léon Noël, ce « clérical républicain9 », pour le remercier de son aide et de son expertise mais, sagement, l’homme du Conseil d’État lui avait fait comprendre qu’il serait plus utile à l’extérieur et qu’accepter serait, sinon une faute de goût, du moins un ULVTXH GH FRQÀLWV G¶LQWpUrWV10. Dans le même temps, une grande conférence a lieu dans une salle de la Cour de cassation, en février 1924, portant sur « le nouveau statut de l’Église de France », lors d’une séance du Comité d’études sociales présidée par Henri Hébrard de Villeneuve. Le conférencier est Pierre Cot, passé par l’ACJF, juriste, professeur de droit à Rennes, et alors proche de Raymond Poincaré. Le public est de choix : le doyen Berthélemy, l’archevêque de Paris, Dubois, le nonce apostolique Bonaventura Cerretti, Mgr Julien (Arras), Mgr Baudrillart et Mgr Chaptal, de l’Institut catholique de Paris. Bref, le temps est à l’apaisement, presque à la lune de miel entre l’Église et l’État11, jusqu’au moment où les élections législatives de mai 1924 changent la donne, provisoirement du moins, le Bloc des gauches obtenant la majorité : « Avoir cru à la solidité de l’union sacrée, avoir salué comme l’aurore de temps nouveaux le rétablissement des UHODWLRQV Ṙ FLHOOHV GH OD )UDQFH HW GX 6DLQW 6LqJH HW O¶DFFHSWDWLRQ SDU OH SRXYRLU civil des associations diocésaines, et voir tout cela compromis par une journée 7. Cf. Christian Sorrel, « Le Saint-Siège, la République et les catholiques français (1918-1924) », in Marc Agostino (dir.), Santa Sede e cattolici nel mondo postbellico 1918-1922. Raccolta di studi nel centenario della conclusione della Prima Guerra Mondiale, Cité du Vatican, Libreria editrice vaticana, 2020, p. 391-415. 8. « La première association diocésaine », L’Est républicain, 17 avril 1924, p. 2. 9. Voir à ce sujet les propos équilibrés d’Yves Beauvois, Léon Noël, de Laval à de Gaulle via Pétain (1888-1987), Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2001, p. 37 : « La fréquentation constante d’ecclésiastiques, le sens favorable aux intérêts du clergé qu’il imprimait à ses recommandations, sans parler de sa profonde foi FDWKROLTXH PpULWDLHQW LOV FHSHQGDQW TXH VHV DGYHUVDLUHV G¶DORUV OH ÀpWULVVHQW GX TXDOL¿FDWLI GH ³FOpULFDO´ PHWWDQW DLQVL en doute son attachement à la République ? N’était-ce pas ne percevoir qu’une facette du personnage et oublier qu’en lui restait toujours aux aguets le haut fonctionnaire, défenseur sourcilleux des prérogatives de l’État et promoteur, à ce titre, d’un gallicanisme administratif ? » 10. Voir Léon Noël, « Le statut de l’Église en France après la Séparation. L’affaire des Associations diocésaines », Revue d’histoire diplomatique, 94, 1980, p. 5-69. 11. Alfred Baudrillart note à propos de la conférence de Pierre Cot : « Le doyen Berthélemy présidait. Le cardinal Dubois, le nonce, Hébrard de Villeneuve, Mgr Julien, d’Arras, Mgr Chaptal et beaucoup de notabilités étaient présents. Une GLVFXVVLRQ WUqV FRXUWRLVH HW LQWpUHVVDQWH D VXLYL (Q VRPPH WRXV YHXOHQW SRXU O¶eJOLVH SDL[ HW XQH SURSULpWp VXI¿VDQWH ª Paul Christophe (éd.), Les carnets du cardinal Alfred Baudrillart. 1er janvier 1922-12 avril 1925, Paris, Cerf, 2001, p. 712.
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