Les « Diocésaines » 1924-2024

Les « diocésaines ». 1924-2024 35 LES ASSOCIATIONS DIOCÉSAINES ET LE MONDE POLITIQUE électorale, quelle déception et quelles angoisses ! », devait écrire Jean Guiraud dans un éditorial de La Croix, à l’occasion de la réception à l’Académie française de Charles Jonnart par Alfred Baudrillart12. La réception politique des associations diocésaines : un éventail nuancé En réalité, la question des associations diocésaines met en lumière une triple ligne mouvante : celle du rapprochement romain avec le gouvernement français, qui n’exclut pas l’intransigeance des deux parties, avec un jeu subtil dans le « donnant-donnant », avant et après l’encyclique Maximam ; l’opposition de O¶pSLVFRSDW TXL YDULH SRXU ¿QDOHPHQW GHYHQLU PLQRULWDLUH DSUqV O¶HQF\FOLTXH GX 18 janvier ; l’hostilité d’une partie des républicains, avec un curseur variable sur la question de la laïcité. De fait, la question laïque est sans doute ce qui domine HW XQL¿H O¶HQVHPEOH GHV GpEDWV DXWRXU GHV GLRFpVDLQHV HW GX WHPSV ORQJ GH OHXU réception. Au point de vue politique, elle est le terrain d’entente d’une partie de la gauche, au moment des législatives de 1924, avant que le sujet budgétaire ne vienne faire imploser l’union. La conférence de Pierre Cot le précisait bien : contrairement aux espoirs d’une partie du clergé et de Rome, et sans doute précisément en raison de ce sentiment d’entre-deux, il avait pris soin de préciser que les diocésaines ne revenaient pas sur la loi de 1905, qu’il n’y avait aucune rupture avec les années écoulées, en un mot, que le gouvernement s’était accordé avec Rome sur un statut légal et uniquement sur cela, reprenant en quelque sorte ce que Poincaré avait explicitement fait comprendre lors des négociations avec Rome13. De son côté, Pie XI, dans Maximam Gravissimamque, souligne que les condamnations de Pie X ne sont aucunement abrogées, mais les temps ayant changé et les assurances du JRXYHUQHPHQW pWDQW UHoXHV OD VLWXDWLRQ HVW GpVRUPDLV GL̆ pUHQWH 'HV GHX[ F{WpV donc, un accord en une sorte de trompe-l’œil, avec l’espérance entretenue par 12. Jean Guiraud, « Mgr Baudrillart », La Croix, samedi 17 janvier 1925, p. 1. 13. Alors conseiller de l’ambassade de France près le Saint-Siège, Henri Cambon avait eu à subir les foudres de Poincaré lors des négociations avec Rome : « Celui-ci avait peut-être imprudemment laissé entendre à ses interlocuteurs romains un assouplissement de la législation de la séparation. Avec la sécheresse qui le caractérisait, Poincaré IRXGUR\D OH PDOKHXUHX[ FKDUJp G¶DIIDLUHV ³,O Q¶HVW SDV DGPLVVLEOH TXH 0 &DPERQ GRQQH DX 6DLQW 6LqJH GHV espérances contraires aux déclarations publiques et réitérées de tous les gouvernements. […] L’ambassade a été rétablie pour : 1) Constituer la paix religieuse. 2) Favoriser la politique étrangère traditionnelle de la France, mais QXOOHPHQW SRXU SUpSDUHU O¶DEURJDWLRQ GHV ORLV H[LVWDQWHV ´ ª )UDQoRLV 5RWK Raymond Poincaré, Paris, Fayard, 2001, p. 409-410.

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