Les « Diocésaines » 1924-2024

36 CVRH MARTIN DUMONT Rome d’aller au-delà du minimum obtenu, « une étape d’où l’on peut partir vers le UHFRXYUHPHQW OpJLWLPH HW SDFL¿TXH G¶XQH OLEHUWp SOHLQH HW HQWLqUH ª Maximam). Or, c’est précisément cet entre-deux que l’union des forces de gauche entendait dénoncer au moment des législatives et ensuite. Rome espère mieux et davantage ? Ce ne peut être que le signe que le gouvernement va à l’encontre de OD ODwFLWp /H JRXYHUQHPHQW Ḋ UPH TXH ULHQ Q¶D FKDQJp " 8QH WHOOH Ḋ UPDWLRQ QH SHXW TXH VXVFLWHU OH GRXWH HW OD Pp¿DQFH XQ SDSH QH FRQWUHGLW MDPDLV DX PRLQV frontalement) son prédécesseur, et l’ombre du Syllabus est là (il n’est que de lire L’Humanité pour s’en convaincre, qui ajoute une dose d’anti-jésuitisme pour faire bonne mesure). Ainsi, en décembre 1923, la Semaine de défense laïque appelait à une réaction ferme face à ce qui apparaissait comme le réveil de la réaction, la meilleure preuve étant l’arrivée annoncée des associations diocésaines : « Les diocésaines, disons-nous, ne sont [pour Rome] qu’un moyen momentané. Elles sont dangereuses à la neutralité, base de la loi de séparation. Elles n’ont d’autre but que d’entrouvrir à l’Église la porte qui conduit à l’exercice du pouvoir temporel. Le détail de leurs statuts n’est rien, c’est le but auquel elles conduisent qui doit retenir notre attention. Ce but, de l’aveu même des princes de l’Église, c’est la destruction de l’œuvre laïque de la République ; c’est la destruction de la République elle-même14. » De fait, l’assemblage des gauches était sans doute hétéroclite, mais l’éléPHQW XQLVVDQW O¶HQVHPEOH HVW OD YRORQWp QHWWHPHQW Ḋ UPpH G¶XQ UHWRXU j XQH application stricte de la laïcité, qui serait comme atteinte par le rétablissement de l’ambassade de France près le Saint-Siège et par l’accord passé avec Rome touchant les associations diocésaines. La profession de foi du « Parti ouvrier et paysan, non communiste » de l’Oise, aux législatives de 1924, devait le résumer en termes choisis : « Tolérance envers tous les cultes : Manger du Curé, c’est un menu, ce n’est pas un programme. Mais application stricte des lois laïques : le Curé dans son Église, le Moine parasite hors de France15. » De fait, si les associations diocésaines occupent plusieurs séances à la Chambre, les professions de foi pour les législatives de 1924 témoignent ellesmêmes de la présence des diocésaines dans le débat politique, même si toutes n’en font pas mention, étant entendu qu’elles sont comprises dans la question laïque. Défendre la laïcité, c’est vouloir revenir sur les accords passés avec Rome et c’est 14. Semaine de défense laïque, Paris, 26-30 décembre 1923. Texte reproduit dans Émile Poulat, Les Diocésaines…, op. cit., p. 382-386 (citation : p. 385). Le rapport porte sur « le statut de l’Église de France », présenté par Georges VialMazel, qui « éclaire [ainsi] et manifeste l’opposition laïque rencontrée par Briand et Poincaré » (Poulat, p. 382). 15. Chambre des députés, Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1924 (désormais : Programmes…), Paris, Imprimerie de la Chambre des députés, 1925, p. 584.

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