Les « diocésaines ». 1924-2024 37 LES ASSOCIATIONS DIOCÉSAINES ET LE MONDE POLITIQUE notamment sur un programme laïc que la plate-forme électorale se constitue, avec Édouard Herriot à sa tête : retour aux mesures contre les congrégations religieuses, suspendues au début de la guerre de 1914-1918 et non réactivées, avec une extension à l’Alsace-Moselle de la Séparation et des lois laïques ; fermeture de l’ambassade de France près le Saint-Siège et de la nonciature ; arrêt de la formation des associations diocésaines. Ainsi, dans la Creuse pour le parti radical et radical-socialiste, dans la Drôme pour la liste du bloc des gauches, en Indre-etLoire pour la liste d’union des gauches16 (Camille Chautemps), dans le Jura pour la liste du Cartel des gauches : « Laïcité : Retour à la politique de laïcité réelle de l’État (contre l’ambassade auprès du Vatican, les diocésaines, le retour des congrégations, la R.P. scolaire)17. » En Ille-et-Vilaine, toute subtilité est absente de la profession de la liste de concentration républicaine, ouvertement opposée j © WRXWHV OHV IRUFHV GH UpDFWLRQ FDPRXÀpHV VRXV OH QRP GH %ORF QDWLRQDO >TXL@ se rassemblent, d’une façon ouverte ou cachée, autour des groupements de l’Action française, dont le programme est le rétablissement de la monarchie ou de la dictature. […] Nous ne séparons pas la République des lois essentielles qui ont SUpFLVp DYHF OH WHPSV VD Gp¿QLWLRQ KLVWRULTXH F¶HVW V¶DWWDTXHU j OD 5pSXEOLTXH elle-même. […] [N]ous regardons comme intolérables les menées par lesquelles on cherche à ruiner les lois de laïcité18 ». Plus nuancée est la position adoptée dans le Gard par la liste du Parti républicain démocratique et social (« républicains de gauche et radicaux indépendants »), qui veut « assurer la continuité d’une politique nationale conforme au programme du grand patriote Raymond Poincaré » (298) et, dans ce cadre, défend un programme poincariste F¶HVW j GLUH OD SDFL¿FDWLRQ UHOLJLHXVH WRXW HQ DVVXUDQW O¶LQWDQJLELOLWp GHV ORLV ODwTXHV © /D 3DSDXWp YLHQW GH UDWL¿HU OD séparation des Églises et de l’État, en acceptant l’institution des associations diocésaines sournoisement combattues par les extrémistes de Droite. C’est le premier résultat de la reprise des relations diplomatiques avec le Vatican, amorcée par M. Briand, sans protestation de M. Herriot. C’est la preuve que l’Église peut vivre dans le cadre des lois républicaines. Nous entendons après cela que, 16. Union formée par la Fédération républicaine d’action laïque, démocratique et sociale et par la Fédération socialiste (SFIO). Le programme donne le ton dès le début : « L’union des gauches s’est constituée en vue d’assurer le salut de la République gravement menacée par la réaction sous le masque du Bloc national. » Programmes…, op. cit., p. 363-364. 17. Programmes…, respectivement p. 221, 254 et 384. 18. Ibid., p. 345. Même son de cloche pour la liste SFIO dans ce département : « Après quatre ans et demi de législature, voici le bilan du Bloc national […] Les lois laïques violées ; Un ambassadeur au Vatican ; les Congrégations tolérées, O¶HQVHLJQHPHQW SXEOLF GpVRUJDQLVp DX SUR¿W GHV pFROHV OLEUHV >«@ /H 3DUWL VRFLDOLVWH HVW HQFRUH OH 3DUWL GH OD GpIHQVH laïque, de la pleine indépendance de l’État à l’égard de l’Église, l’adversaire résolu de l’action cléricale dans tous ses domaines. » (Ibid., p. 348-349.)
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