Les « Diocésaines » 1924-2024

38 CVRH MARTIN DUMONT d’une part, la législation laïque reste intangible, et que, d’autre part, elle soit impartialement appliquée, sans hostilité contre le sentiment religieux et contre les diverses confessions19. » À l’inverse, la constitution des associations diocésaines peut être présentée comme un signe de l’apaisement des relations entre l’Église et l’État. Ainsi, en $UGqFKH OD OLVWH G¶8QLRQ QDWLRQDOH UpSXEOLFDLQH HW VRFLDOH © 3DFL¿FDWLRQ UHOLgieuse préparée par la reprise des relations avec le Saint-Siège, sous les ministères Millerand et Briand. La possibilité d’établir des associations diocésaines est un de ses premiers fruits20. » De même, dans les Vosges, la liste d’union républicaine (menée par Maurice Flayelle et représentée notamment par Hubert de Lesseux21 et Louis Madelin) prône le respect des consciences et se montre ouverte aux associations diocésaines : « Nous voulons la tolérance réciproque, le respect absolu de la liberté de conscience et d’enseignement, la consolidation de la paix religieuse dans l’application même des lois de la République interprétées loyalement et libéralement, rendant possible, notamment, la constitution des Associations Diocésaines qui vont restituer à l’Église catholique une existence légale22. » D’une manière surprenante, au vu des positions défendues dans d’autres départements, dans la Moselle (mais sans doute précisément parce que c’est la Moselle), c’est la liste de l’Entente des Gauches qui se charge de défendre les associations diocésaines, dans le cadre de « l’application de toutes les lois françaises » : « 1° Lois laïques : Liberté de conscience garantie à tous les citoyens. Laïcité de l’École. Neutralité de l’État en matière religieuse. Organisation des diocésaines, conformément au vœu exprimé par le Saint-Siège. Maintien de leurs droits acquis aux ecclésiastiques en exercice23. » Mais il est également des départements où la situation est tout à fait intéressante, soit que l’on assiste aux derniers feux monarchistes, soit qu’elle ranime des antagonismes liés aux lendemains de la Séparation. Ainsi en Loire-Inférieure, la liste d’union nationale et catholique, qui réunit le marquis de La Ferronnays, le marquis de Juigné, Jean Le Cour Grandmaison et Charles Ginoux-Defermon, se conclut par l’appel à Jeanne d’Arc, espérant que « la sainte de la Patrie conduise une fois de plus les Français vers la Paix et la Prospérité » et appelant au « retour aux principes d’Ordre, d’Autorité et de Morale publique si opportunément 19. Ibid., p. 299. 20. Ibid., p. 59. Il est vrai que la liste est menée notamment par Xavier Vallat et Hyacinthe de Gailhard-Bancel, passé par l’Œuvre des Cercles ouvriers puis l’Action libérale populaire de Jacques Piou. 21. Hubert de Bazelaire de Lesseux (1868-1935), saint-cyrien, démissionnaire en 1906, au moment des Inventaires. 22. C’est la seule liste qui s’exprime en ces termes. Ibid., p. 943. 23. Ibid., p. 547.

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