Les « diocésaines ». 1924-2024 39 LES ASSOCIATIONS DIOCÉSAINES ET LE MONDE POLITIQUE formulés par les grands Papes contemporains […]. [Que l’État] redonne aux Congrégations le droit d’enseigner. […] Par nos votes, nous avons soutenu tous les gouvernements nationaux, […] nous avons réclamé l’abrogation des lois laïques, triste héritage d’un régime qui n’a su que diviser et diminuer la France24 ». Pour sa part, la liste républicaine Indépendante d’Action Économique et Sociale du département de la Gironde énonce que ses candidats sont « [p]artisans de l’entière liberté d’opinion et de conscience pour tous les citoyens, nous déclarons vouloir maintenir la neutralité confessionnelle de l’État, notamment de l’école, en même temps que nous voulons que le statut légal des cultes ne porte aucune atteinte à la séparation des Églises et de l’État25 ». Parmi les candidats de cette liste, un nom attire l’attention, celui d’Henri Lorin, des « Semaines sociales », qui fut proche du député catholique social et rallié Albert de Mun et, contrairement à celui-ci, l’un des « cardinaux verts » de 1906, dont l’engagement pour les associations cultuelles fut rejeté par Pie X. Or, girondin et bordelais, le catholique Lorin a pour ordinaire le cardinal Paulin Andrieu qui avait résisté jusqu’au bout aux consultations de Pie XI et suscité l’avis du Conseil d’État de décembre 1923. Les associations diocésaines sous le ministère Herriot Les législatives de mai 1924 apportent la victoire au Cartel des gauches. En juin, le discours d’investiture (ou de politique générale) du nouveau Président du Conseil, Édouard Herriot, évoque directement la question de la laïcité : les associations diocésaines ne sont pas mentionnées mais l’idée est là, et l’on y trouve visés le statut de l’Alsace, l’ambassade du Vatican, dont Édouard Herriot ne voit pas l’intérêt en l’absence de Concordat, et la question des congrégations religieuses, pour lesquelles il souhaite réactiver des mesures hostiles. Ce climat particulier, qui laisse penser sur le moment à un retour à la guerre des deux France, entraîne une mise en application « en pointillés » de la formation des associations diocésaines. La chronologie des constitutions d’associations diocésaines est très éclairante. Au 31 décembre 1924, 31 ont été formées, en FRPPHQoDQW j OD ¿Q GX PRLV GH IpYULHU 6XU WRXWH O¶DQQpH YRLHQW OH MRXU En 1926, alors que la situation politique a changé, 39 associations diocésaines sont créées. Les deux dernières sont Fréjus et Digne (respectivement février et novembre 1927). Digne, pour une raison qui n’a pu être éclaircie ; Fréjus, parce 24. Ibid., p. 435-436. 25. Ibid., p. 334.
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