40 CVRH MARTIN DUMONT que Mgr Guillibert, une création de Pie X, veut pieusement garder le souvenir de son maître26. En novembre 1922, Guillibert avait envoyé un mémoire très hostile à la formation des Diocésaines ; Pie XI laissant les évêques libres de décider, il choisit de rester dans le statu quo hérité de 1906 jusqu’à sa mort. Ceci étant, il faut se garder de trop insister sur les hésitations épiscopales : en 1924-1925, après l’arrivée du Bloc des gauches, certaines associations diocésaines se mettent en sommeil, devant l’incertitude politique du moment. C’est, par exemple, le cas du diocèse de Gap : la fondation est suivie peu après d’une suspension d’activités, en attente d’informations d’autres diocèses, et l’actualité politique suscitant des inquiétudes. Mais tout un chacun perçoit bien que l’accord de 1923-1924 entre la France et le Saint-Siège laisse au moins une des deux parties en présence au milieu du JXp 8Q SDV D pWp IDLW PDLV SUpFLVpPHQW FHOXL FL VHPEOH LQVẊ VDQW RX XQ SUHmier pas seulement. Il y a eu un acte de réconciliation, mais des deux côtés on espère un pas en avant : les évêques de France, qui souhaitent que des questions ¿QDQFLqUHV ELHQV HQFRUH VRXV VpTXHVWUH QRWDPPHQW VRLHQW UpJOpHV OH JRXYHUnement Herriot d’autre part, où l’on désire davantage de souplesse de l’épiscopat et du clergé. Les débats à l’Assemblée, qui s’ouvrent le 21 janvier 1925, sont fort riches. Ils portent sur l’ambassade près le Saint-Siège, mais également sur les diocésaines. Ironie de l’histoire, c’est chez Édouard Herriot que l’on trouve la meilleure défense doctrinale de l’encyclique Maximam, la plaçant dans la plus stricte ligne de Pie X : « J’ai regret à le dire, mais je suis obligé de le déclarer, et de le démontrer, pour arriver à la thèse sur laquelle j’ai arrêté ma conviction et ma décision : l’encyclique Maximam elle-même, qui permet les associations diocésaines, contient encore une protestation formelle contre les lois laïques, contre toute la laïcité et contre toute la doctrine de la séparation. […] Je dis que l’encyclique Maximam renouvelle, par le pape actuel, la condamnation et de la loi de séparation et de toutes les lois de laïcité. Cela est formel, incontestable27. » Poursuivant son intervention, Herriot assène ce propos qui pèse sur la survie de l’ambassade près le Saint-Siège : « L’encyclique Maximam ne nous a donc pas apporté, en ce qui concerne la reconnaissance des lois laïques, qui devait être la condition essentielle de nos relations, les satisfactions que nous étions en droit d’attendre28. » 26. L’homme suit également la pensée de Pie X dans le domaine politique : défense religieuse, refus d’apparaître comme étant inféodé aux monarchistes (lettre très éclairante dans les archives de l’Institut catholique de Paris, dans les papiers Veuillot, adressée vers 1910 à François Veuillot). -RXUQDO RI¿FLHO GH OD 5pSXEOLTXH IUDQoDLVH &KDPEUH GHV GpSXWpV e séance du 23 janvier 1925, p. 262, c. 2. 28. Ibid., p. 263, c. 2.
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