Les « diocésaines ». 1924-2024 41 LES ASSOCIATIONS DIOCÉSAINES ET LE MONDE POLITIQUE Quelques jours plus tard, le 27 janvier, Édouard Herriot revient sur ce sujet : « Or, si je prends le document qui conclut la conversation engagée, c’est-à-dire l’encyclique Maximam, qu’est-ce que j’y trouve ? Je trouve, dans l’encyclique Maximam, que, si le pape dit aux catholiques de France : “Les diocésaines peuvent être tolérées”, il dit en même temps : “Je maintiens la réprobation” – on a fait du latin tout à l’heure, je puis bien en citer un mot (Sourires) : improbationem, voilà le texte de l’encyclique Maximam : “Je maintiens la réprobation de la loi de séparation”29. » Cette même séance voit le député du Finistère, Paul Simon, l’un des fondateurs du Parti démocrate populaire, refuser le retour de la guerre religieuse, où les diocésaines tiennent leur place dans ses échanges avec Herriot : « Est-ce que l’ambassadeur de la France à Rome n’a pas obtenu, somme toute, la reconnaissance des associations diocésaines ? C’est un résultat qui conduisait à une politique d’apaisement et de tranquillité. Si les diocésaines étaient entrées en application, vous sentez bien que c’est l’Église de France qui avait un statut, et que beaucoup de problèmes irritants n’existeraient plus. […] Il faut choisir entre deux politiques30. » Il faut choisir, c’était précisément l’avis du Président du Conseil, appelant à se déterminer, entre d’un côté l’ultramontanisme et la doctrine romaine et, de l’autre, l’idée laïque et « cette Église libre dans un État libre » : « [O]n ne peut pas concilier des contraires, on ne peut pas concilier une telle antinomie. Il faut choisir. Pour ma part, excusez-moi de le dire avec cette netteté, j’ai choisi. […] J’ai choisi cette indépendance totale de l’État31. » Quelques semaines plus tard, le 10 mars, la Déclaration des évêques de France « sur les lois dites de laïcité », très critique, rédigée par le dominicain Marie-Albert Janvier, à la demande de l’Assemblée des cardinaux et archevêques sans consultation de Rome, donne du grain à moudre au gouvernement Herriot32. Lors de nouvelles interventions à la Chambre, les manifestations organisées dans tout le pays (et en particulier en Alsace) contre le souhait du gouvernement de ranimer la politique anti-congréganiste viennent entretenir ses munitions, Herriot liant en un même ensemble les associations diocésaines et les actions de la Fédération nationale catholique du général de Castelnau. 29. Ibid., 1re séance du 27 janvier 1925, p. 298, c. 3. 30. Ibid., p. 317, c. 2. 31. Ibid., 2e séance du 23 janvier 1925, p. 265, c. 1-2. 32. L’affaire est précisément étudiée par Corinne Bonafoux-Verrax, A la droite de Dieu. La Fédération nationale catholique, 1924-1944, Paris, Fayard, 2004, M.-A. Janvier se défendant : la commande du texte est venue de l’ACA. Pour la position romaine, voir Christian Sorrel, « L’Assemblée des cardinaux et archevêques de France. Naissance d’une institution (1919-1928) », in Valentin Favrie, Charles Mercier et Christian Sorrel (dir.), Cent ans de gouvernement de l’Église catholique en France. De l’Assemblée des cardinaux et archevêques à la Conférence des évêques (19192019), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022, p. 17-36 : « Le 25 mars, le cardinal Gasparri, qui l’a découverte dans La Croix H[SULPH OD ³GRXORXUHXVH VXUSULVH´ GX SDSH DX FDUGLQDO /XoRQ >«@ /H VHFUpWDLUH G¶eWDW FULWLTXH HQVXLWH ³OH WRQ DJUHVVLI HW OH VW\OH SROpPLTXH´ >GH OD GpFODUDWLRQ@ ª & 6RUUHO S
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