42 CVRH MARTIN DUMONT Quand la roue de la fortune tourne Mais un nouveau coup de théâtre a lieu le 10 avril 1925. Ce jour-là, un débat était prévu, portant sur les crédits de l’Ambassade près le Saint-Siège et le nonce &HUUHWWL V¶pWDLW IDLW j O¶LGpH TXH F¶HQ pWDLW ¿QL SRXU OXL HW SRXU O¶DPEDVVDGH j 5RPH il n’acceptait plus aucun dîner, ses bagages étaient prêts33, mais ce 10 avril marque OD ¿Q GX JRXYHUQHPHQW +HUULRW GpVDYRXp SDU OH 6pQDW VXU VD SROLWLTXH EXGJpWDLUH il remet sa démission. Paul Painlevé prend sa place, le nonce respire. Il n’empêche, ainsi que le souligne très justement Serge Berstein, « [s]i le gouvernement Herriot que Léon Blum aurait souhaité maintenir est tombé en avril 1925, la majorité cartelliste élue en 1924 demeure en place et, avec elle, l’ambiguïté résultant du fait qu’elle n’existe ni sans les socialistes, ni sans les modérés de la gauche radicale. Or, les présidents du Conseil désignés par Gaston Doumergue pour succéder à Herriot, Paul Painlevé (avril-novembre 1925) et Aristide Briand (novembre 1925-juillet 1926), tous deux républicains-socialistes, sont à la fois des hommes acceptables pour la gauche et susceptibles de déplacer vers le centre l’axe de la majorité en se passant au besoin de l’appoint de la SFIO34 ». À partir de novembre 1925, la tactique de Briand « consiste à substituer à la majorité de Cartel, une majorité de concentration fondée sur l’alliance des radicaux et des modérés35 », alliance où la question des diocésaines tient une place faite d’équilibres subtils où le curseur ne peut être déplacé trop vite : Rome souhaiterait une évolution ; Briand doit faire avec sa majorité, harcelé par Herriot qui ne veut pas s’avouer vaincu, et la cérémonie élyséenne de décembre 1925 est à entendre dans ce contexte si particulier. Ainsi, six mois après la chute du gouvernement Herriot, clôturant cette année faite de tensions et d’incertitudes, le président Doumergue assistait à la UHPLVH GH EDUUHWWH FDUGLQDOLFH DX QRQFH &HUUHWWL H̆ HFWXpH SDU OH FDUGLQDO 'Xbois, en présence d’un futur nonce à Paris (1936-1944), l’ablégat Valerio Valeri, alors auditeur de la nonciature parisienne. C’est à lui que revient d’évoquer le parcours du nouveau cardinal, et les associations diocésaines se trouvent ainsi SXEOLTXHPHQW pYRTXpHV SDUPL OHV © D̆ DLUHV TXL WHQDLHQW SDUWLFXOLqUHPHQW DX cœur du Souverain Pontife : améliorer […] la situation de l’Église en France par 33. Mgr Cerretti ne doit son salut qu’à sa secrétaire, Alix Girod de l’Ain, qui l’oblige à rester à la nonciature en attendant les nouvelles des débats au Sénat. Sur cet épisode, voir Jean Perrin et José Ruysschaert, « Un témoignage du cardinal Cerretti en 1933 sur un épisode de sa nonciature à Paris (10 avril 1925) », in Achille Ratti, pape Pie XI, Rome, Publications de l’École française de Rome, 1996, p. 797-809. 34. Serge Berstein, Léon Blum, Paris, Fayard, 2006, p. 285. 35. Ibid., p. 286.
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