Les « Diocésaines » 1924-2024

Les « diocésaines ». 1924-2024 47 LES « DIOCÉSAINES » ET LEURS ÉVOLUTIONS la France est attachée au lendemain de la Révolution ; parce que la doctrine avait permis un pacte solide entre Église et État. Cette forme de collaboration puisant dans l’histoire a fonctionné tout au long du XIXe siècle, dans le cadre du régime concordataire. Fréquemment, les gouvernements se montrèrent autoritaires à l’égard des cultes et manifestèrent leur anticléricalisme à l’égard du catholicisme, religion souvent encombrante par le fait PrPH TX¶HOOH UpXQLVVDLW OH SOXV JUDQG QRPEUH GH ¿GqOHV $FFRUGV HW FRQÀLWV DYHF OHV SRXYRLUV SXEOLFV SRQFWXDLHQW OD YLH GH O¶eJOLVH HW FHOOH GX FOHUJp RX GHV ¿GqOHV Dans ce contexte parfois tumultueux, la tradition des négociations perdurait. Bonaparte avait voulu organiser les cultes comme des services publics. En 1905, la loi les soumet à un régime de droit privé. Elle opère, dit Émile Poulat, « un saut périlleux dans l’inconnu : le passage d’un régime de droit public à un régime de liberté publique »7. Reste-t-il un espace pour que l’État ait un rôle ? (W GDQV O¶Ḋ UPDWLYH GH TXHO JDOOLFDQLVPH SHXW LO V¶DJLU " &HUWDLQV DVSHFWV YRQW perdurer, dans le système de séparation des Églises et de l’État instauré par la loi de 1905. Les traditions, les habitudes, les valeurs gallicanes survivent, mais évoluent. L’histoire imprime sa force et le gallicanisme est trop profondément lié j FHWWH KLVWRLUH GHV UHODWLRQV HQWUH OHV GHX[ SRXYRLUV SRXU GLVSDUDvWUH ,O FKDQJH mais persiste et les diocésaines sont un bon révélateur de ces oscillations ou de ces constantes dans la recherche d’un nouvel équilibre. Étudiant les diocésaines, nous centrons notre propos sur l’organisation de l’Église « dans le siècle » en laissant largement de côté les congrégations, dont la vie fut souvent mouvementée en raison de la législation étatique, mais ceci selon une autre problématique que nous n’envisageons pas ici8. Au cours du siècle que nous allons parcourir, la mise en place des associations diocésaines illustre la poursuite d’une politique gallicane marquée par une bienveillance de l’État, qui peut sembler renouer par quelques traits avec les UpJLPHV DQWpULHXUV , 3DU OD VXLWH OD WHUPLQRORJLH VH EURXLOOH GDQV XQ FRQWH[WH HFFOpVLR SROLWLTXH TXL FRQQDvW GH SURIRQGHV WUDQVIRUPDWLRQV ,, 7. Émile Poulat, 6FUXWHU OD ORL GH /D 5pSXEOLTXH IUDQoDLVH HW OD 5HOLJLRQ, Paris, Fayard, 2010, p. 25. 8. Bonaparte s’était montré défavorable aux congrégations, parce qu’il s’agissait de groupements puissants et parce que cette puissance était souvent liée à Rome. Toutefois, les congrégations connurent un essor considérable au cours du XIXe siècle, surtout lors de la IIIe République, pourtant anticléricale. Mais, la loi du 1er juillet 1901 consacrant la liberté d’association, leur portait un très rude coup en soumettant leur existence à autorisation légale (art. 13). Dans les mois qui suivirent, les congrégations demandèrent cette reconnaissance, qui leur fut systématiquement refusée. Leur statut ne s’améliora que lentement au cours du XXe siècle.

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