Les « Diocésaines » 1924-2024

54 CVRH BRIGITTE BASDEVANT-GAUDEMET /H JpQpUDO 'H *DXOOH LQWHUURJp HQ VXU OD SRVLWLRQ GH OD )UDQFH Ḋ UPHUD « Je ne vois pas ce que la France peut être d’autre que laïque24. » Qu’est-ce que la laïcité ? Un principe constitutionnel imposant la neutralité GH O¶eWDW /D VLJQL¿FDWLRQ MXULGLTXH GHV WH[WHV FRQVWLWXWLRQQHOV HVW VDQV DPELJXwWp ainsi que l’avait exposé Jean Rivero dans une célèbre chronique25. Toutefois, aujourd’hui, le terme est repris par les sociologues et spécialistes de sciences sociales qui, parfois, envisagent des réalités diverses. La laïcité est une coquille vide, selon certains ; un principe réunissant à lui seul toutes les valeurs de la République, selon d’autres ; voire un étendard, une « exception française » que l’on voudrait modèle pour le monde. N’entrons pas dans ces querelles. Disons seulement que l’apparition du concept et l’utilisation que l’on fait du terme relèguent au second plan un autre vocable. Le gallicanisme n’est peut-être pas mort, mais on invoque autre chose. La laïcité prime. La politique de bienfaits se poursuit, peu importe qu’elle s’appelle gallicanisme ou laïcité. Une importante similitude se retrouve dans les deux notions et dans les deux termes. Le gallicanisme, tout comme la laïcité, peuvent, l’un et l’autre, être faits soit de bienveillance et de liberté pour la religion, soit de restriction et de contrôle policier. Les deux doctrines s’enchaînent dans le temps et s’accordent. 8QH SROLWLTXH JpQpUHXVH VH SRXUVXLW TXH MH VHUDLV WHQWpH GH TXDOL¿HU GH © ODwcité gallicane ». L’expression peut choquer car la laïcité se doit d’être neutralité et le gallicanisme renvoie à la France Fille aînée de l’Église. Toujours est-il que cette bienveillance couvre de multiples domaines. Elle se marque par la loi Debré, du GpFHPEUH UHODWLYH DX ¿QDQFHPHQW GHV pFROHV SULYpHV VRXV FRQWUDW /¶eWDW et plus largement la France, avait besoin de cette école privée, qui rendait – et qui a continué de rendre – les plus grands services en accueillant beaucoup d’enfants, et en participant à la mission fondamentale que constitue le service public de l’enseignement. Cette loi ne concerne pas les diocésaines, mais bien d’autres mesures sont publiées qui touchent directement les associations diocésaines : une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Évolution analysée par Émile Poulat, 6FUXWHU OD ORL« RS FLW ; avec une belle analyse de vocabulaire : laïcité, séparation, culte…, voir p. 249 et suiv. 24. « À moins que l’État ne soit ecclésiastique, je ne vois pas… qu’il puisse être autre chose que laïque. Toute la question est de savoir comment, dans quel esprit, il sera cela ? », cité par Jean-Pierre Moisset, « La laïcité française de 1958 à 1969 : nouvelles approches », dans /¶HQVHLJQHPHQW VFRODLUH GH O¶KLVWRLUH GDQV OD )UDQFH GHV XIXH HW XXH VLqFOHV IRQGHPHQW, Histoire@Politique, 2013/3 n° 21, p. 124-139 ; et Jean-Pierre Moisset d’ajouter : « De Gaulle souhaite que l’“esprit” laïque du pouvoir politique soit “comme il faut”, c’est-à-dire favorable aux cultes et tout particulièrement à l’Église catholique. » 25. Jean Rivero, « La notion juridique de laïcité », 5HFXHLO 'DOOR], 1949, p. 138.

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