Les « Diocésaines » 1924-2024

56 CVRH BRIGITTE BASDEVANT-GAUDEMET ments « indirects » de l’État de plus en plus considérables. Ce sont des réformes SRQFWXHOOHV TXHOTXHV EUHIV DUWLFOHV LQVpUpV GDQV XQH ORL GH ¿QDQFHV XQ DYLV GX Conseil d’État ou encore une circulaire, voire une décision jurisprudentielle. La portée de chacune peut sembler limitée ; mais toutes s’inscrivent dans un même mouvement et interviennent suite à des négociations feutrées, toujours sereines. Sans remettre en cause les principes fondamentaux de la loi de 1905, elles attestent d’un dialogue constant entre un État qui ne « reconnaît » pas les religions, mais TXL OHV © FRQQDvW ª ,O HQ YD GH PrPH SRXU OHV © DYLV ª GX &RQVHLO G¶eWDW RX HQFRUH GHV © FLUFXODLUHV ª &HV FRQFHVVLRQV QH EpQp¿FLHQW SDV XQLTXHPHQW DX[ DVVRFLDtions diocésaines chargées de la gestion du culte catholique, car les dispositions juridiques sont identiques pour toutes les religions. Pourtant, dans les faits, la UHOLJLRQ OD SOXV DQFLHQQHPHQW SUpVHQWH VXU OH WHUULWRLUH QDWLRQDO HQ SUR¿WH SDUWLculièrement. Les avantages résultent souvent de l’histoire et le droit les consolide. Pour en revenir au gallicanisme, certains voient la période de ces décennies du milieu du XXe VLqFOH R O¶eJOLVH FDWKROLTXH EpQp¿FLH GH FHWWH ODwFLWp SRVLWLYH FRPPH PDUTXDQW OD ¿Q GX JDOOLFDQLVPH28 ,OV VRXOLJQHQW TXH O¶pSLVFRSDW IUDQoDLV se tourne de plus en plus vers Rome ; il veut – et il peut – s’émanciper de la tutelle étatique. De fait, l’Église ne s’intéresse guère à la doctrine gallicane. Allant plus loin, on peut penser qu’elle se préoccupe peu de la politique étatique, ou du moins des sujets entrant dans le domaine de compétence des associations diocésaines, soit essentiellement des questions patrimoniales29. Les gouvernements ne lui sont pas opposés. Si, jusqu’aux années 1960, nombreux sont les catholiques TXL GHPHXUHQW QRVWDOJLTXHV G¶XQ eWDW TXL DXUDLW FRQFOX XQH DOOLDQFH Ṙ FLHOOH DYHF O¶eJOLVH FH VHQWLPHQW V¶HVWRPSH DYHF OH FRQFLOH GH 9DWLFDQ ,, OD UHFRQQDLVVDQFH par l’Église universelle, d’un droit à la liberté religieuse consolide l’acceptation de la loi de 190530. L’Église de France entend continuer son dialogue avec l’État et être consultée sur les grandes questions de société, même si elle est davantage tournée vers Rome. Pour sa part, le gouvernement n’oublie pas la religion traditionnelle des populations, même s’il ne fait pas du magistère chrétien la source première de la législation. S’il y a gallicanisme, il n’est plus d’autorité et de police mais de conciliation et d’apaisement dans les relations Église-État. Peu importe qu’il y ait gallicanisme apaisé ou laïcité positive ; la sérénité paraît installée. 28. Jean Vavasseur-Desperriers, « La France et le Saint-Siège dans les années vingt », $FKLOOH 5DWWL SDSH 3LH ;,, Rome, École française de Rome, 1996, p. 775-795, voir p. 793. 29. L’Église se prononce et se prononcera sur divers grands débats de société fondamentaux (guerre d’Algérie, mariage pour tous, procréation médicalement assistée, euthanasie, etc.). Mais les prises de position sur ces sujets ne se font pas dans le cadre des associations diocésaines, même si les évêques interviennent. 30. Philippe Portier, « L’Église catholique face au modèle français de laïcité », $UFKLYHV GH VFLHQFHV VRFLDOHV GHV UHOLJLRQV, janvier-mars 2005, p. 117-134.

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