Les « Diocésaines » 1924-2024

68 CVRH MATTEO HOUSSIN-MONELLO que revient la responsabilité d’établir les conditions d’une location des lieux avec l’évêque. Très soucieux d’éviter le départ de l’évêque hors de sa capitale historique, le conseil municipal entreprend de trouver une formule acceptable par les GL̆ pUHQWHV SDUWLHV 8Q SUHPLHU SURMHW LVVX GH QpJRFLDWLRQV DYHF O¶pYrTXH G¶XQ bail sans loyer mais avec prise en charge des réparations et des impôts est mis au vote le 17 décembre, mais est rejeté d’une voix. Plusieurs conseillers municipaux regrettent que la location gratuite coûte trop cher à la commune36. Mgr Catteau refuse par principe tout projet impliquant un loyer. Il s’organise donc dans l’urgence pour obtenir l’asile temporaire, et pour louer un immeuble destiné à accueillir un nouvel évêché37. Face à cette menace, le conseil municipal se résout à voter la jouissance gratuite de l’évêché, l’évêque prenant en charge les impôts et les dépenses d’entretien et réparation dans la limite de 1 500 francs par an38. Pourtant, ce commodat (prêt à usage) est invalidé par le préfet, qui lui reproche de contrevenir à la loi, puisqu’une jouissance gratuite est assimilable à une subvention déguisée au culte39 8Q UDSSRUW GH IRUFH V¶HQJDJH GRQF HQWUH OD FRPPXQH la préfecture et l’évêque ; ce dernier refuse de revenir sur la convention signée et s’appuie sur l’approbation de cette dernière par l’opinion publique luçonnaise. Malgré le refus d’approbation de la convention par le préfet, en avril 1907, et un changement de municipalité lors des élections de juin 1907, s’installe un état de fait dans lequel l’évêque occupe illégalement l’évêché. En octobre 1908, le préfet demande à nouveau à Mgr Catteau de signer un bail légal ou de quitter l’évêché avant le 10 novembre, tandis que l’évêque se réfugie à nouveau derrière la protection de l’opinion publique40. 'DQV FHWWH FRQIURQWDWLRQ TXL V¶pWHUQLVH OHV DFWHXUV ORFDX[ SqVHQW HQ H̆ HW fortement pour préserver à Luçon le rôle de siège épiscopal. En 1907, un tract de l’Action libérale populaire destiné à la population insiste sur le fait que seule la ville, et non le préfet, peut décider de l’expulsion, car elle est propriétaire de l’évêché. Elle appelle donc la population à faire pression sur le conseil municipal41. Selon les calculs du journal catholique local Le Réveil Populaire, les principales LQVWLWXWLRQV GLRFpVDLQHV O¶pYrFKp PDLV DXVVL O¶,QVWLWXWLRQ 5LFKHOLHX 6DLQWH 8Usule et le Grand séminaire) représentent 10 % de la population luçonnaise. 36. ADL, 7 L1/7, Dossier Évêché de Luçon, délibération du conseil municipal de Luçon du 17 décembre 1906. 37. ,ELG , correspondance de Mgr Catteau avec Mme de Parseny, Mme de Jousselin et M. de Valence, lettres du 24 décembre 1906 et 3 et 16 janvier 1907. 38. ,ELG , délibération du conseil municipal du 28 décembre 1906. 39. ,ELG , lettre du préfet au maire de Luçon, 21 février et arrêté préfectoral du 20 avril 1907. 40. ,ELG , correspondance entre le préfet et Mgr Catteau, 23 et 28 octobre 1908. 41. ,ELG , tract de l’Action libérale populaire $/3 ¿Q " /¶$/3 HVW XQ SDUWL FDWKROLTXH UDOOLp j OD UpSXEOLTXH IRQGp en 1902.

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