Les « Diocésaines » 1924-2024

Les « diocésaines ». 1924-2024 71 DE LA SÉPARATION À LA « DIOCÉSAINE » La contre-offensive catholique Cet échec est signe d’une abstention des potentiels acheteurs soutiens du diocèse. Cette abstention s’explique par l’émergence d’un autre projet à l’hiver 1914, qui mène à la vente conjointe du palais épiscopal et de l’Institution Richelieu, en mai 1914, par la municipalité. Cette opération fait l’objet de vastes mouvements de pression et de coordination, et témoigne des ressources mises en œuvre pour reconstituer le patrimoine de l’Église vendéenne après la Séparation, dans un contexte où il lui est impossible de se constituer en personne morale. Le projet d’achat prend forme en mars 1914 avec l’engagement du représentant de l’évêque, du préfet de Vendée et de la ville de Luçon, d’une vente non plus aux enchères publiques mais de gré à gré, incluant l’évêché et l’Institution Richelieu, contre la somme de 200 000 francs51. Du point de vue de la municipaOLWp OXoRQQDLVH FHOD SHUPHW GH UpFXSpUHU OHV IRQGV SRXU ¿QDQFHU OH SURMHW G¶pFROH VXSpULHXUH GH MHXQHV ¿OOHV HW OD GpEDUUDVVH G¶XQ pYrFKp WUqV GL̇ FLOH j ORXHU52. Pour O¶pYrTXH FH SURMHW VLJQH XQH LQFRQWHVWDEOH YLFWRLUH HW OD ¿Q G¶XQ © WHUULEOH FDXFKHmar »53, avec le retour de deux symboles du diocèse entre des mains catholiques. (Q H̆ HW FHWWH YHQWH HVW FRQFOXH JUkFH j O¶LQWHUPpGLDLUH GHV © UHSUpVHQtants de sept grandes familles catholiques de Vendée, lesquels se constitueront aussitôt en société qui s’étendra et servira de base pour la réorganisation de[s] établissements diocésains »54 8Q KXLWLqPH DFWHXU GH SRLGV HVW j OD PDQ°XYUH OH marquis de Rosanbo, ex-député des Côtes-du-Nord55, est en lien avec l’évêque dès juin 1913 pour préparer le rachat au nom de ce dernier56. Ils projettent de verser les fonds nécessaires sur un compte indiqué par l’évêque, ouvert à la Société générale au nom de trois chanoines (Mgr Bouchet, Mercier et Poirier), et le marquis de Rosanbo y verse 50 000 francs en prévision de l’opération. Le 15 mai 1914, la préfecture autorise la vente, et l’acte notarié est signé le 19 mai 1914. La mobilisation ne se limite pas seulement aux grandes familles de la noEOHVVH FDWKROLTXH SRXUYR\HXVHV GHV UHVVRXUFHV ¿QDQFLqUHV /D GpIHQVH GHV LQWprêts de l’Église se confond ici avec la défense des intérêts locaux, qui transcendent 51. ADL, Dossier Mgr Catteau, 16, note de Mgr Poirier, pour qui « l’affaire de Richelieu semble réglée », 2 mars 1914. 52. Arch. dép. Vendée, 90 V 1, extrait du conseil municipal de Luçon, 4 mars 1914. 53. ADL, Dossier Mgr Catteau, 16, note de Mgr Poirier, 2 mars 1914. 54. ,ELG , 16 mars 1914. Les sept membres sont : Émile de Kervenoaël, Edmond de Carheil, Auguste de Maynard de la Claye, Louis de Cornulier, Guillaume de Chabot et Maurice Morand, avocat. 55. Alain, Marie, Raymond, Louis, Henri Lepelletier, marquis de Rosanbo (1864-1916), député des Côtes-du-Nord de 1903 à 1910. 56. ADL, Dossier Mgr Catteau, marquis de Rosanbo à l’évêque, 20 juin 1913.

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