72 CVRH MATTEO HOUSSIN-MONELLO la question confessionnelle pour peser face à l’arbitraire de l’État. Les soutiens du projet ne sont donc pas uniquement des catholiques : au moment de la vente, le député radical-socialiste de la Vendée, Amans Adrien Périer, fait pression auprès GX SUpIHW D¿Q TX¶LO O¶DYDOLVH57. Plus important encore, l’évêque reçoit le concours de l’Union des commerçants de la Ville de Luçon, fondée en février 1913 pour la défense des intérêts commerciaux de la Ville. Au moment de la vente, l’Union témoigne de son soutien à l’évêque58. En 1916, alors que Mgr Garnier vient d’arriver sur le siège épiscopal, cette dernière se présente même comme étant à l’origine du projet de rachat, en ayant conclu un pacte secret en direct avec Mgr Catteau59. Ainsi, la place qu’occupe l’Église catholique à Luçon est telle qu’elle sait PRELOLVHU DXWRXU G¶HOOH GHV VRXWLHQV YDULpV ¿GqOHV PDLV pJDOHPHQW FRQMRQFWXUHOV pour des motifs religieux, mais aussi politiques et économiques. Pourtant, une fois rentré en possession de son bien grâce à la mobilisation des laïcs, l’évêque n’entend pas transiger sur ses prérogatives, quitte à créer du dissensus sur ses choix stratégiques. 6OF SÏPSHBOJTBUJPO EJPDÏTBJOF DPOnJDUVFMMF Le Grand séminaire de Luçon est l’institution diocésaine qui sert depuis le XVIIe siècle au dernier cycle de la formation du clergé. En décembre 1906, à l’instar des autres établissements ecclésiastiques, le personnel reçoit l’ordre de VH GLVSHUVHU SXLVTX¶j OD GL̆ pUHQFH GH 5LFKHOLHX RX GH &KDYDJQHV HQ 3DLOOHUV LO n’y a pas eu de transformation en établissement d’enseignement60. /D TXHVWLRQ GH OD SURSULpWp GX MDUGLQ GX VpPLQDLUH IDLW O¶REMHW G¶XQ FRQÀLW entre la ville de Luçon et la direction des Domaines entre 1907 et 1909, ce qui EORTXH WRXW SURMHW G¶D̆ HFWDWLRQ GX EkWLPHQW HW GH VHV MDUGLQV 3RXU FRPSHQVHU la perte économique liée au départ des séminaristes, la ville demande et obtient la transformation des bâtiments du Grand séminaire en caserne militaire, pour accueillir un régiment de cavalerie. Elle propose donc de faire don à l’État de la propriété qu’elle se voit contester par l’administration61. 57. Arch. dép. Vendée, 90 V 1, lettre du préfet au député Périer, 16 mai 1914. 58. ADL, 7L6/2, Lettre de l’Union des commerçants de la Ville de Luçon (UCVL) à Mgr Catteau, 1914. 59. ,ELG , Dossier transfert du Grand séminaire à Richelieu, lettre d’Élie Gellereau, représentant de UCVL à Mgr Garnier, 30 août 1916. $UFK GpS 9HQGpH 9 'RVVLHU GH ORFDWLRQ HW GH YHQWH GX *UDQG VpPLQDLUH 39 GH QRWL¿FDWLRQ GH GLVSHUVLRQ 12 décembre 1906 et rapports de commissaire de police au préfet, 14 et 17 décembre 1906. 61. ,ELG , Lettre du maire de Luçon au préfet, 3 mai 1909.
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